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Violence dans le championnat sénégalais : la spirale continue

Publié le 07/12/2025 – Mis à jour le 07/12/2025

La Ligue 1 sénégalaise vient de replonger dans ses vieux démons, avec un nouvel épisode de violence qui interroge autant qu’il inquiète.

‎La violence dans le championnat sénégalais s’est de nouveau invitée au premier plan, samedi 6 décembre, au sortir de Jaraaf – Teungueth FC, pourtant remporté 1-0 par le club médinois grâce à Abdoulaye Oualy. Alors que le champion en titre célébrait enfin sa première victoire de la saison, les projecteurs se sont rapidement tournés vers des incidents d’après-match, devenus tristement familiers dans les tribunes du football local.

Comme souvent dans ce type de soirée, les versions divergent, les accusations s’enchaînent et les responsabilités se diluent. Cette fois, Teungueth FC a ouvert les hostilités en publiant un communiqué particulièrement ferme, accusant le Jaraaf d’agressions contre ses supporters. Le club rufisquois parle d’« actes de violence inacceptables », évoque des « jets de projectiles, vitres brisées » et même des « agressions physiques ». Plus grave encore, un supporter aurait été « évacué d’urgence à l’hôpital Idrissa Pouye, où il doit subir une intervention chirurgicale ».

‎Une attaque frontale, accompagnée d’un appel net : « Le club exige que toute la lumière soit faite sur ces incidents graves et que les responsables répondent de leurs actes. »

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‎Pourtant, à Dakar, la réponse du Jaraaf n’a pas tardé. Le club médinois, comme à chaque controverse, rejette catégoriquement les accusations et évoque un communiqué « infondé et tendancieux ». Dans sa mise au point, l’ASC se pose en victime d’un récit volontairement déformé, rappelant qu’elle organise ses rencontres au stade Léopold Sédar Senghor « afin d’offrir… des conditions optimales, sécurisées et conformes aux standards professionnels ».

‎Le Jaraaf poursuit sa contre-attaque en accusant à son tour les supporters du TFC :
‎– « Des supporters du TFC… ont provoqué des troubles à l’ordre public. »
‎– « Plusieurs supporters du TFC ont été retenus par la police durant la nuit. »
‎– « Notre groupe d’animation a été attaqué à l’entrée de la Foire. »

À travers ses exemples, le club assure qu’il ne peut être tenu responsable d’événements survenus « loin de sa responsabilité ». Et derrière la défense, un message politique affleure : le Jaraaf demande au président du TFC – également président de la LSFP – de « faire preuve de hauteur et de sagesse ».

‎Mais à force d’accusations croisées, la conclusion devient implacable : personne n’assume, personne ne se remet en question et le football sénégalais continue de s’enliser dans des scénarios répétitifs.

Une spirale qui interroge l’avenir du football local

‎À chaque incident, les mêmes questions ressurgissent : où est la prévention ? où est la sécurité ? où est la responsabilité ? La violence dans le championnat sénégalais dépasse désormais les faits isolés : elle s’ancre, s’installe et fragilise l’attractivité de notre football local.

‎Hier, c’était Jaraaf contre Teungueth FC.
‎Demain, ce sera un autre club, une autre soirée, un autre communiqué.
‎Et si rien ne change, la spirale continuera de tourner.

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