Il n’était pas le plus exposé, mais son profil a fini par s’imposer. Une semaine après sa nomination, Souleymane Diallo s’inscrit déjà comme une figure centrale du projet technique sénégalais. Le Sénégal a choisi un technicien complet pour piloter l’avenir de sa formation.
Désigné par le communauté exécutif la Fédération sénégalaise de football, le nouveau directeur technique national incarne un profil hybride, rare dans le paysage local : à la fois formateur, universitaire et homme de terrain. Un choix qui continue de susciter intérêt et attentes, tant les enjeux autour de la formation restent cruciaux pour le football sénégalais.
Un socle académique au service du jeu
Natif de Ziguinchor, Souleymane Diallo s’est construit loin des projecteurs, mais avec un parcours solide et atypique. Dès ses débuts, il combine passion du football et excellence académique. Formé à l’INSEPS de l’Université Cheikh Anta Diop, où il passe six années, il devient professeur d’Éducation physique et sportive avant de gravir les échelons universitaires. Titulaire d’un master et d’un doctorat en Sciences du sport (STAPS), lauréat du CAMES et enseignant à l’INSEPS, son CV tranche avec les profils plus classiques du milieu.
À ce bagage académique s’ajoutent des diplômes techniques prestigieux : Licence UEFA A obtenue en Allemagne, Licence A CAF et formation d’instructeur à la CAF. Cette double compétence, académique et technique, lui confère une lecture moderne du football et des enjeux de formation. Il incarne une approche où la donnée, la pédagogie et l’exigence technique s’entrecroisent, dans un contexte où la structuration du football africain reste un chantier permanent.
Une trajectoire façonnée sur les bancs et sur le terrain
Avant de devenir technicien reconnu, Souleymane Diallo a d’abord été joueur. Formé à l’école de foot de Santhiaba, puis passé par le Casa Sports en catégorie junior, il s’illustre également en Navetane avec l’ASC Aline Sitoe Diatta. Après le Bac, il rejoint Dakar et l’INSEPS, où il évolue avec l’équipe universitaire, avant de se tourner définitivement vers le coaching.
Ses débuts sur les bancs sont précoces et marquants. À Ziguinchor, il domine les compétitions locales avec les cadets d’Aline Sitoe Diatta. En 2006, il rejoint le Dakar Université Club (DUC) comme préparateur physique, puis devient adjoint du feu Abdoulaye Diaw avant de poursuivre sa progression à l’Étoile Lusitana, avec deux finales de Coupe du Sénégal juniors à la clé.
En 2010, il est affecté à Kolda, au Lycée de Pakour, avant de devenir Directeur Technique Régional de 2011 à 2015. Entre 2008 et 2012, il multiplie les voyages d’études en Europe (France, Portugal, Espagne) et en Irlande du Nord, où il remporte la Milk Cup. Il décroche sa Licence B en 2012, puis sa Licence A UEFA en Allemagne en 2013, consolidant un profil à la fois pédagogique et technique.
La suite confirme sa montée en puissance. En 2015, il intègre les U20 comme entraîneur adjoint, participe à la CAN à Dakar puis à la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande (demi-finale). Il remporte ensuite la Coupe du Sénégal 2019 avec Teungueth FC, avant d’enchaîner à US Ouakam, Guédiawaye FC et plus récemment à l’ASC Jaraaf de Dakar.
En parallèle, il s’impose dans les sélections nationales comme un homme de confiance, notamment en tant que superviseur auprès de Aliou Cissé et Pape Thiaw. Il conduit également l’équipe nationale locale à une troisième place au CHAN 2025, confirmant son aptitude au haut niveau.
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Le pari d’un DTN entre science et terrain
Une semaine après sa nomination, la ligne directrice semble claire. La fédération mise sur la continuité, tout en injectant une dose de modernité avec Souleymane Diallo. Ancien adjoint de Mayacine Mar, il maîtrise les rouages internes, mais apporte une dimension nouvelle avec son profil académique.
Fort d’une riche expérience acquise lors de trois Coupes du Monde juniors, trois Coupes d’Afrique juniors et deux Jeux Africains, il apparaît comme un technicien rigoureux, méthodique et stratège. À l’heure où la formation devient de plus en plus structurée et guidée par la donnée, ce profil correspond aux exigences du football moderne.
À la tête de la Direction technique nationale, il devra désormais orienter et structurer la politique de formation, des catégories de jeunes jusqu’aux sélections nationales. Le chantier est vaste, dans un contexte africain où la concurrence s’intensifie et où chaque détail compte.
Le Sénégal a fait le choix d’un profil hybride, à la fois héritier et bâtisseur. Une semaine après sa prise de fonction, les attentes sont déjà là. Reste désormais à transformer cette promesse en résultats durables sur le terrain.
Rédacteur Web SEO sportif pour EBRMedias. Passionné de football, je mets ma plume au service de l’information juste, authentique et proche du public. J’allie écriture et stratégie pour offrir des contenus informatifs et bien référencés.

