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CAN 2025 : Bissouma encadre la pression avant le Sénégal

Publié le 06/01/2026 – Mis à jour le 06/01/2026

‎À trois jours du quart de finale face au Sénégal à la CAN 2025, Yves Bissouma a choisi de sortir du silence. Une prise de parole longue, réfléchie et lourde d’enjeux, dans un contexte où le Mali avance encore dans la compétition malgré un jeu parfois critiqué et une pression populaire grandissante.

‎« Mes coéquipiers et moi sommes conscients de vos attentes », écrit le capitaine malien. D’entrée, le message donne le ton : Bissouma ne parle pas en son nom propre, mais comme porte-voix d’un groupe qu’il sent exposé. À ce stade de la compétition, le quart de finale contre le Sénégal représente un tournant sportif, mais aussi émotionnel pour une sélection souvent jugée à l’aune de son potentiel plus que de ses résultats.

Yves Bissouma face à la pression de la CAN 2025

‎Le passage central du message est sans doute le plus sensible. « Sortez de l’émotion, des injures et des menaces sur les réseaux sociaux. Apaisez vos cœurs », demande Bissouma. Rarement un capitaine africain aura formulé un recadrage aussi direct à l’égard de ses propres supporters, à quelques jours d’un match aussi exposé.

‎Sur le plan footballistique, cette démarche n’est pas anodine. Face au Sénégal, l’un des grands favoris de ce tournoi, le Mali part avec un désavantage structurel : moins de maîtrise collective, moins de profondeur d’effectif et une fraîcheur physique entamée après un huitième de finale éprouvant contre la Tunisie. Dans ce contexte, un environnement hostile ou instable peut rapidement fragiliser un groupe déjà sous tension.

Bissouma le sait. En appelant au calme, il tente de transformer la pression populaire en soutien positif, indispensable pour un match où le Mali devra accepter de souffrir, défendre bas par séquences et exploiter chaque transition avec lucidité.

‎Pour renforcer la légitimité de son discours, le capitaine s’appuie sur un fait concret : la qualification héroïque face à la Tunisie. « À 10 contre 11, nous avons montré au monde ce que signifie être Malien », rappelle-t-il. Ce match sert de référence interne. Il prouve que le Mali peut compenser ses limites par l’engagement, la discipline et le refus de renoncer.

Un duel chargé d’histoire et d’enjeux

‎Enfin, l’histoire donne une résonance particulière à ce duel. Le Mali et le Sénégal ne se sont plus affrontés en phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations depuis 2004. Vingt-deux ans plus tard, les générations ont changé, les contextes aussi, mais l’intensité annoncée reste intacte. Face à un Sénégal plus fluide et plus serein, le Mali devra être mentalement irréprochable.

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‎En invoquant la devise nationale — « Un peuple, un but, une foi » — et en parlant de « mission », Bissouma dépasse le cadre du simple discours motivationnel. Il cherche à créer une unité totale autour de l’équipe avant un match où chaque détail comptera. Reste à savoir si cet appel suffira à maintenir l’adhésion populaire si le scénario tourne rapidement en faveur du Sénégal.

‎Sur le terrain, la réponse appartiendra aux joueurs. Mais en dehors, le capitaine a déjà livré sa bataille : celle du calme, de la foi et de la cohésion avant un quart de finale très attendu.

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