AccueilCoupe d'Afrique des NationsCAN 2025 Maroc-Sénégal : le TAS entre dans un bras de fer

CAN 2025 Maroc-Sénégal : le TAS entre dans un bras de fer

‎La finale ne se joue plus sur la pelouse. Elle se joue désormais dans un couloir de procédure, là où chaque délai devient une arme et chaque décision rallonge un peu plus l’attente. Dans le dossier explosif de la CAN 2025, le Sénégal a bien saisi le Tribunal arbitral du sport après la décision de la CAF attribuant la victoire au Maroc sur le score de 3-0 par forfait, mais le verdict définitif n’est pas pour tout de suite. Le TAS a confirmé l’enregistrement de l’appel le 25 mars 2026 et indiqué qu’un calendrier de procédure devait encore être établi.

‎Et c’est précisément là que le bras de fer s’intensifie. Selon Sport News Africa, le Maroc s’oppose à une procédure accélérée, préférant laisser le dossier suivre son cours normal devant la juridiction sportive. Résultat : le chantier juridique s’étire, la tension reste intacte, et l’issue devient encore plus lointaine.

Le Maroc freine, le Sénégal attend

‎Dans ce type de litige, la vitesse ne dépend jamais d’un seul camp. Le TAS rappelle lui-même qu’après l’enregistrement d’un appel, une formation arbitrale doit être nommée, puis un calendrier est fixé. Le Tribunal précise aussi qu’un appelant dispose en principe de vingt jours pour déposer son mémoire, avant que les intimés n’aient à leur tour vingt jours pour répondre. À ce stade, et compte tenu de la demande de suspension de délai formulée par la FSF, il est encore impossible de fixer une audience ou de donner une échéance ferme.

‎Ce point change tout. Le Sénégal espérait une voie rapide pour vider le dossier avant que l’incertitude ne s’installe durablement autour du titre continental. Mais le refus de précipiter la procédure pousse logiquement vers un traitement plus classique, plus long, et donc plus pesant pour la suite des événements. Dans les colonnes de la presse sénégalaise, cette perspective est désormais présentée comme une affaire qui pourrait durer jusqu’à un an.

Le vrai enjeu dépasse le simple cadre administratif. Il touche à la légitimité sportive, à la mémoire de la compétition et à l’image des deux fédérations engagées dans un duel où chaque mot, chaque mémoire, chaque délai peut influencer la perception du dossier. Tant que le TAS n’a pas tranché, le flou demeure entier. Et dans un dossier de cette ampleur, le flou est déjà une forme de pression.

‎Le Tribunal arbitral du sport dit pouvoir traiter ce type de contentieux avec des arbitres spécialisés et indépendants, tout en respectant le droit de chaque partie à un procès équitable. Entre volonté d’aller vite et exigence de défense complète, la CAN 2025 entre donc dans sa phase la plus sensible : celle où le temps devient un acteur à part entière.

‎Au bout de cette bataille, il n’y aura pas seulement un vainqueur officiel. Il y aura aussi une lecture politique, juridique et symbolique de toute la compétition. Et c’est peut-être là le plus frappant : la finale est terminée depuis longtemps, mais son histoire, elle, continue de s’écrire loin des stades.

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