La CAN 2025 a officiellement lancé sa phase finale au Maroc et, dès la première journée, le ton a été donné. Favoris appliqués, fins de matchs renversantes et intensité tactique élevée : l’entrée en lice des 24 nations a confirmé que ce tournoi se jouera jusqu’au bout… et souvent jusqu’à la dernière seconde.
Des favoris immédiatement dans le rythme
Contrairement à certaines éditions précédentes où les cadors entraient timidement dans la compétition, cette première journée de la CAN 2025 a confirmé une tendance claire : les grandes nations ont assumé leur statut. Le Sénégal et l’Algérie, co-auteurs des victoires les plus larges (3-0), ont envoyé un message limpide à la concurrence, combinant maîtrise collective, puissance physique et efficacité offensive.
Le Maroc, pays hôte, n’a pas tremblé face aux Comores (2-0). Sans briller excessivement, les Lions de l’Atlas ont parfaitement géré la pression de l’ouverture, portés par un public incandescent et une organisation rodée. Dans un tournoi aussi dense, savoir gagner sans s’exposer est souvent un signe de maturité.
Dans le même temps, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont assuré l’essentiel avec des victoires étriquées (2-1), preuve de leur sang-froid dans les moments décisifs. La Tunisie, elle, a frappé plus fort en dominant l’Ouganda (3-1), livrant l’une des prestations les plus abouties de cette première journée et affirmant clairement ses ambitions dans cette CAN 2025.
La victoire minimaliste, nouvelle norme africaine
Derrière les démonstrations sénégalaise et algérienne, un constat s’impose : le score étriqué est devenu la norme. Côte d’Ivoire, Cameroun, RD Congo ou encore Égypte ont tous remporté leur match sur la plus petite des marges. Ces victoires 1-0 ou 2-1 traduisent moins une frilosité qu’un réalisme assumé.
Le Cameroun, par exemple, a livré un combat intense face au Gabon sous une pluie battante à Agadir. Peu de spectacle au sens esthétique, mais une bataille de duels, d’engagement et de concentration extrême. Ce type de match, qualifié “à l’ancienne”, rappelle que la CAN reste une compétition où l’impact mental et physique est aussi décisif que la qualité technique.
La Côte d’Ivoire, tenante du titre, a elle aussi assuré l’essentiel sans se livrer. Dans un tournoi aussi court, la gestion de l’effort et la solidité défensive priment souvent sur le panache, surtout lors des premières journées.
Les blocs bas résistent, mais craquent souvent tard
Si les favoris ont gagné, les nations réputées plus modestes n’ont jamais donné l’impression d’être dépassées. Comores, Botswana, Zimbabwe ou Mozambique ont affiché une discipline tactique remarquable, souvent organisée en blocs bas compacts, forçant les grandes équipes à multiplier les circuits de passes et les frappes lointaines.
Le Sénégal, malgré son large succès contre le Botswana, en est l’illustration parfaite. Les Lions ont dominé de bout en bout, se sont créées de nombreuses occasions, mais ont longtemps buté sur un bloc bien organisé et un manque de réalisme. Ce n’est que dans les dernières secondes que l’addition a été corsée, confirmant une tendance lourde de cette CAN 2025 : les matchs se décantent très tard.
Cette résistance des “petits” prouve une chose essentielle : l’écart structurel se réduit. Les nations moins médiatisées arrivent désormais préparées, disciplinées et mentalement prêtes à souffrir pendant 90 minutes… voire plus.
Des fins de matchs qui redéfinissent la dramaturgie
La première journée de la CAN 2025 a rappelé une règle immuable du football africain moderne : le coup de sifflet final est le seul juge. Plusieurs rencontres ont basculé dans le temps additionnel, parfois de manière spectaculaire.
L’Égypte, longtemps poussive face au Zimbabwe, a dû attendre la 91e minute pour être délivrée par le sang-froid de Mohamed Salah. Un symbole fort du réalisme des grandes nations, capables de gagner même sans maîtriser totalement leur sujet.
Mais le scénario le plus fou reste celui du Burkina Faso face à la Guinée équatoriale. Menés à la 85e minute, et face à un adversaire réduit à dix, les Étalons ont renversé le match dans un temps additionnel interminable, marquant à la 95e puis à la 98e minute. Une victoire qui peut déjà compter lourd dans la dynamique du groupe.
Même le seul match nul de cette journée, Mali – Zambie (1-1), s’est joué dans les ultimes instants, avec une égalisation zambienne dans le temps additionnel. Une preuve supplémentaire que personne n’est à l’abri dans cette CAN 2025.
Organisation et ambiance : un Maroc globalement au niveau
Sur le plan organisationnel, le Maroc a réussi son entrée en matière. Les infrastructures modernes, la qualité des pelouses hybrides et la fluidité logistique ont largement contribué à la qualité du jeu observé sur le terrain. Certains matchs, comme Afrique du Sud – Angola, ont même été salués pour leur intensité et leur justesse technique.
L’ambiance, en revanche, a été contrastée. Si Rabat et Tanger ont offert des tribunes pleines et une ferveur spectaculaire, d’autres enceintes ont souffert d’un remplissage initial insuffisant. La réaction rapide des organisateurs, ouvrant gratuitement les stades après le coup d’envoi, a permis de corriger partiellement le tir et d’assurer une atmosphère plus chaleureuse.
La météo pluvieuse a parfois compliqué l’expérience dans les stades non couverts, mais l’accueil du public marocain et la présence des diasporas africaines ont maintenu une atmosphère festive, aussi bien dans les tribunes que dans les fan zones.
Conclusion : une CAN déjà mature et imprévisible
Cette première journée de la CAN 2025 pose des bases solides. Sportivement, la hiérarchie est respectée, mais jamais figée. Organisationnellement, le Maroc confirme sa capacité à accueillir un événement de niveau mondial, avec une réactivité appréciable face aux défis logistiques.
Surtout, cette entrée en matière confirme une évolution majeure du football africain : les grandes nations ont appris à gérer, les petites ont appris à structurer. Résultat, des matchs serrés, tendus, souvent décidés dans les derniers instants, et une compétition où chaque minute compte.
L’élan est donné. Si les favoris ont assuré l’essentiel, les outsiders ont déjà montré qu’ils n’avaient plus peur de personne. La suite de la phase de groupes s’annonce explosive.
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