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CAN tous les 4 ans : la charge frontale de Claude Le Roy

Publié le 30/12/2025 – Mis à jour le 30/12/2025

‎Le débat sur une CAN tous les 4 ans refait surface avec fracas. Ancien sélectionneur emblématique sur le continent, Claude Le Roy a livré une sortie virulente dans une vidéo publiée par Afrik-Foot, dénonçant une décision qu’il juge néfaste pour l’Afrique. Une prise de position qui relance une question centrale : la CAN est-elle sacrifiée sur l’autel des intérêts du football mondial ?

Un calendrier mondial sous pression, l’Afrique en ligne de mire

‎Historiquement organisée tous les deux ans, la Coupe d’Afrique des Nations est aujourd’hui au cœur d’une réflexion menée par plusieurs instances internationales. En toile de fond, un argument souvent avancé : l’engorgement du calendrier et la fatigue des joueurs africains évoluant majoritairement en dehors du continent.

‎La FIFA et certains clubs européens plaident pour un passage à un rythme quadriennal, censé aligner la CAN sur l’Euro. Une réforme présentée comme rationnelle, mais que Claude Le Roy considère comme profondément déséquilibrée.

‎Pour lui, cette pression n’est pas neutre. Elle s’inscrit dans une logique où l’Afrique doit constamment s’adapter aux contraintes des championnats européens, quitte à revoir à la baisse la fréquence de sa compétition phare. Une vision qu’il qualifie implicitement d’euro-centrée et déconnectée des réalités du continent.

“Une bêtise affligeante” : l’argument du développement africain

‎C’est le cœur de la charge de Claude Le Roy. Pour l’ancien sélectionneur du Cameroun, du Sénégal ou encore du Ghana, réduire la fréquence de la CAN revient à freiner un moteur essentiel du développement africain.

‎« Vous ne voulez pas que des pays construisent des stades, des terrains d’entraînement, des autoroutes tous les deux ans ? », interroge-t-il.

‎Selon lui, la CAN ne se limite pas à un tournoi de football. Elle agit comme un accélérateur d’investissements. Chaque édition pousse les États organisateurs à moderniser leurs infrastructures : stades aux normes internationales, routes, hôtels, centres médicaux, terrains d’entraînement. Des équipements qui profitent ensuite durablement aux populations locales.

‎Passer à une CAN tous les quatre ans, c’est mécaniquement diviser par deux cette dynamique. Une perte sèche pour de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, où le sport constitue souvent un levier de structuration économique et sociale.

‎Le Roy va plus loin et parle d’une décision « contre l’Afrique », estimant que le continent paie le prix d’un système mondial qui privilégie la rentabilité immédiate au développement à long terme.

FIFA, compétitions “bidon” et respect du continent

‎L’ancien sélectionneur n’épargne pas la gouvernance actuelle du football mondial. Sans détour, il vise la stratégie de la FIFA et de son président Gianni Infantino, qu’il accuse d’un double discours.

‎D’un côté, on demande à l’Afrique de réduire la CAN pour préserver les joueurs. De l’autre, la FIFA multiplie les nouvelles compétitions, comme la Coupe Arabe de la FIFA ou la Coupe du monde des clubs à 32 équipes, au calendrier tout aussi exigeant.

« La Coupe Arabe de la FIFA n’a aucun sens », tranche Le Roy, choqué par le fait que cette compétition bénéficie de primes supérieures à celles de la CAN, pourtant tournoi majeur d’un continent entier.

‎Au-delà de l’aspect financier, c’est une question de respect et de reconnaissance qui est posée. Comment justifier qu’une compétition africaine historique soit moins bien dotée que des tournois récents, à l’intérêt sportif limité, mais à fort potentiel commercial ?

‎Pour Claude Le Roy, le silence relatif autour de ces décisions est tout aussi préoccupant. Il s’étonne du manque de réaction médiatique face à ce qu’il considère comme une injustice structurelle.

Une souveraineté sportive en jeu

‎À travers cette sortie, Claude Le Roy se pose en défenseur d’une souveraineté sportive africaine. Son message est clair : l’Afrique ne doit pas constamment ajuster son calendrier pour ne pas déranger l’Europe. Réduire la fréquence de la CAN, c’est ralentir la progression du continent, tant sur le plan sportif que structurel.

‎Le débat dépasse donc largement la simple organisation d’un tournoi. Il interroge la place réelle de l’Afrique dans la gouvernance du football mondial. Et pose une question fondamentale : la CAN doit-elle être pensée pour l’Afrique… ou pour les autres ?

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