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CAN 2025 : Marc Brys touche les primes, Pagou rien

Publié le 24/01/2026 – Mis à jour le 24/01/2026

Il n’était plus sur le banc, mais toujours sur la fiche de paie. À la CAN 2025, le Cameroun a vécu un paradoxe aussi juridique que sportif.

Marc Brys, primes encaissées malgré son éviction

‎Le dossier Marc Brys sur les primes de la CAN 2025 au Cameroun révèle une situation inédite dans l’histoire récente des Lions Indomptables. Officiellement écarté avant le coup d’envoi du tournoi, le technicien belge a pourtant perçu l’intégralité des primes liées à la CAN 2025, estimées à un peu plus de 20 millions de francs CFA.

‎Pourquoi ? Parce que juridiquement, Marc Brys n’a jamais cessé d’être le sélectionneur du Cameroun. Recruté en avril 2024 par le ministère des Sports, et non par la Fécafoot, il était lié à l’État camerounais par un contrat de deux ans et demi, toujours en vigueur au moment de la compétition.

‎La fédération a bien tenté de tourner la page, mais sans pouvoir légal. Au Cameroun, le recrutement et l’éviction des sélectionneurs relèvent du ministère, et non de la Fécafoot. Résultat : sans résiliation officielle de contrat, Marc Brys restait pleinement éligible aux primes de compétition, mais aussi à son salaire mensuel.

‎Un salaire conséquent. Selon une source de Sport News Africa, il oscille entre 44 000 et 60 000 euros par mois (soit environ 29 à 39,5 millions de FCFA), une enveloppe incluant son assistant et son analyste vidéo. Là encore, malgré son absence sur le banc, les paiements se sont poursuivis.

David Pagou, l’entraîneur sans contrat… et sans prime

‎À l’inverse, le cas de David Pagou lors de la CAN 2025 met en évidence un déséquilibre frappant. L’entraîneur a conduit l’équipe jusqu’en quart de finale du tournoi, mais il n’a, à ce jour, perçu ni prime ni salaire.

‎La raison est purement administrative : aucun contrat ne le liait au ministère des Sports. Nommé dans l’urgence par la fédération pour gérer la transition, Pagou n’avait qu’un rôle fonctionnel, sans cadre juridique clair. En clair, il a travaillé… sans protection contractuelle.

‎Ce dossier révèle un malaise structurel profond entre les différentes instances du football camerounais. D’un côté, un sélectionneur évincé continue de percevoir ses revenus. De l’autre, un entraîneur en poste, résultats à l’appui, reste sans rémunération.

Un conflit institutionnel aux lourdes conséquences

‎Au-delà du choc des chiffres, cette affaire révèle un conflit de gouvernance persistant entre la Fécafoot, présidée par Samuel Eto’o, et le ministère des Sports.
‎Ce bras de fer fragilise la stabilité sportive, brouille la hiérarchie décisionnelle et expose joueurs comme staff à une gestion à deux vitesses.

‎Sur le plan de l’image, le Cameroun sort affaibli : comment justifier qu’un entraîneur absent touche les primes de la CAN 2025, pendant que celui qui dirige effectivement l’équipe reparte les mains vides ? La question reste entière et pourrait, à terme, décourager certains techniciens d’accepter des missions sans garanties contractuelles solides.

‎Une chose est sûre : le cas Marc Brys – David Pagou fera date, tant il révèle les failles d’un système où le juridique prend le pas sur le sportif.

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