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CAN 2025 : prison ferme pour 18 supporters du Sénégal

Publié le 19/02/2026 – Mis à jour le 19/02/2026

‎Le verdict est tombé et il est lourd. La justice tranche, mais le débat ne fait que commencer.

Jeudi 19 février 2026, la justice du Maroc a condamné à des peines de trois mois à un an de prison 18 supporters arrêtés à Rabat après les incidents ayant éclaté lors de la finale continentale.

‎Les prévenus étaient poursuivis pour « hooliganisme », un chef d’accusation englobant violences contre les forces de l’ordre, dégradations d’équipements, jets de projectiles et intrusion sur la pelouse. La peine maximale encourue était de deux ans. Soutenus par la Fédération sénégalaise de football et plusieurs internationaux, ils ont nié toute implication directe, leurs avocats dénonçant une lecture partiale des faits.

Une justice ferme face aux débordements

‎Les incidents ont éclaté à la fin du temps réglementaire de la finale remportée 1-0 après prolongation par les Lions de la Teranga. La tension était montée d’un cran après une décision arbitrale contestée accordant un penalty au pays hôte. Dans la confusion, certains joueurs avaient regagné les vestiaires tandis que des supporters s’opposaient aux forces de sécurité.

‎La sévérité des sanctions s’inscrit toutefois dans la politique de tolérance zéro adoptée ces dernières années par les autorités marocaines contre les violences liées au football. Pour les magistrats, l’intrusion sur le terrain et les affrontements constituent des délits pénaux distincts des sanctions sportives prononcées par la CAF.

Le débat sur un traitement inégal

‎C’est précisément ce décalage qui alimente la polémique. D’un côté, des peines de prison ferme pour des supporters ; de l’autre, amendes et suspensions pour les acteurs sportifs impliqués dans les tensions. La défense évoque aussi des lacunes procédurales, notamment l’absence d’interprètes pour certains accusés ne maîtrisant pas l’arabe ou le français.

‎Au-delà du verdict, l’affaire illustre surtout la collision entre justice pénale nationale et justice sportive internationale. Et si la décision est désormais officielle, son interprétation, elle, continue de diviser observateurs et supporters, preuve que cette finale dépasse largement le cadre du terrain.

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