À 22 ans, Lamine Camara n’a plus seulement le profil d’un jeune milieu prometteur. Il est devenu un joueur que l’on scrute, que l’on mesure, que l’on convoite. Sous le maillot de l’AS Monaco, le Sénégalais a réalisé une saison de haut niveau : 31 apparitions, 29 titularisations, 2 457 minutes, 3 buts , 3 passes décisives, 181 duels gagnés, 212 ballons récupérés, 73 tacles, 46 interceptions, 86 % de passes réussies et 41 passes clés. Autrement dit, un milieu capable de mordre, de ressortir proprement et d’accélérer le rythme sans perdre sa discipline.
Lamine Camara, un profil taillé pour l’Angleterre
Au-delà de son activité, c’est la dimension de son jeu qui interpelle les recruteurs. Milieu box-to-box, formé au Sénégal à Génération Foot, il se distingue déjà par sa capacité à mettre de l’intensité dans un environnement de haut niveau. Capable d’évoluer sentinelle comme relayeur, il combine lecture du jeu, couverture de terrain et répétition des efforts. En Angleterre, ce profil a une valeur immédiate : il sécurise l’équipe sans en freiner le rythme.
La Premier League ne s’y trompe pas. Newcastle est aujourd’hui présenté comme le club le plus pressant dans ce dossier, avec des scouts régulièrement envoyés en France et une volonté clairement affirmée de prendre de l’avance sur la concurrence. Liverpool, de son côté, a également coché le nom du Monégasque et surveille de près son évolution. Manchester United, enfin, reste attentif depuis plusieurs mois, ce qui dessine un marché bien plus vaste qu’une simple rumeur de couloir.
Monaco, lui, sait qu’il sera difficile de retenir Camara bien longtemps. Le club a bien verrouillé son contrat jusqu’au 30 juin 2029 après son arrivée à l’été 2024 en provenance de Metz, mais le contexte sportif pèse aussi dans le dossier : avec une 7e place en Ligue 1 et aucune qualification européenne, la Principauté n’offre plus, à court terme, la vitrine qui peut retenir un joueur aussi courtisé. Dans les estimations de marché qui circulent, son prix de départ se situe désormais entre 40 et 50 millions d’euros. À ce niveau, la question n’est plus seulement celle de la valeur du joueur, mais celle du moment où Monaco devra accepter que l’attraction devienne trop forte.
Une reconnaissance qui change un statut
Plus que ses chiffres, c’est l’autorité dégagée par Lamine Camara cette saison qui marque les esprits. Sa deuxième place au Prix Marc-Vivien Foé 2026 derrière Mamadou Sangaré vient officialiser ce que son influence sur le terrain racontait déjà depuis plusieurs mois : le Sénégalais a changé de dimension.
Car chez Camara, la progression n’a jamais ressemblé à une flambée soudaine. Elle s’est construite par étapes, avec une régularité presque implacable. Double lauréat du titre de Jeune joueur africain de l’année aux CAF Awards, le Sénégalais avait déjà marqué les esprits en 2023 après avoir survolé le CHAN et conduit le Sénégal au sacre à la CAN U20, où il avait été désigné meilleur joueur du tournoi. Un an plus tard, il réussissait un rare “back-to-back”, preuve d’une adaptation rapide au très haut niveau européen et d’une progression qui ne cesse de gagner en épaisseur.
Et puis il y a ce détail qui raconte aussi la singularité de son football : cette capacité à surgir plus haut, à transformer une transition anodine en menace immédiate. Sa frappe de 58,4 mètres inscrite avec Metz reste l’un des buts les plus spectaculaires aperçus en Ligue 1 ces dernières années. Au-delà de l’image, elle résume un trait essentiel de son jeu : Camara ne se contente pas d’équilibrer une équipe, il sait aussi la déséquilibrer chez l’adversaire.
Le prochain mercato dira jusqu’où peut monter l’enchère. Mais une réalité s’est déjà imposée dans les bureaux des recruteurs européens : Lamine Camara n’est plus un talent que l’on observe de loin. Il est devenu un dossier stratégique. Monaco possède encore le contrôle, grâce au contrat et au temps. Newcastle pousse, Liverpool surveille, Manchester United attend son moment. Entre les intérêts croisés et les calculs de marché, une chose demeure : la valeur sportive du Sénégalais a déjà pris de l’avance sur sa valeur financière.
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