AccueilCoupe du Monde 2026Pape Thiaw avant Norvège : calme, principes et réponses

Pape Thiaw avant Norvège : calme, principes et réponses

Publié le 21/06/2026 – Mis à jour le 21/06/2026

‎À la veille de Sénégal-Norvège, Pape Thiaw a choisi la voie la plus difficile et souvent la plus juste : celle de la maîtrise. Face aux journalistes, ce dimanche 21 juin 2026, le sélectionneur des Lions a parlé sans hausser le ton, mais sans contourner les sujets qui fâchent. Dans un contexte chargé par la défaite contre la France et par les débats qui entourent actuellement la sélection, il a voulu ramener le débat au seul endroit qui compte désormais : le terrain, le rendez-vous crucial face à la Norvège dans la nuit de lundi à mardi à 00h GMT, et l’obligation de répondre présent dans un groupe où chaque faux pas peut coûter cher.

Des turbulences reconnues, mais un groupe recadré

‎Le premier message de Pape Thiaw a été limpide : il ne nie pas les secousses, mais il refuse qu’elles deviennent le centre de gravité de la Tanière. « C’est vrai que nous avons connu quelques dysfonctionnements, mais que ça soit les joueurs, le staff, la fédération et moi, nous sommes focus sur le match de demain. C’est le plus important », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que « le groupe est focalisé sur son objectif et travaille dans de bonnes conditions pour préparer cette rencontre importante ». Dans sa bouche, le mot d’ordre est simple : protéger le vestiaire, isoler le bruit, et remettre toute l’énergie sur la préparation d’un match déjà décisif pour la suite du tournoi.

‎Cette manière de parler dit beaucoup de sa lecture du moment. Pape Thiaw ne cherche pas à dramatiser, mais il ne maquille pas non plus la réalité. Le Sénégal sort d’un premier match frustrant contre la France, perdu 3-1, et doit désormais survivre dans un groupe où le moindre relâchement se paie immédiatement. En rappelant que « tous les matchs sont des finales » et qu’il n’y a « pas le droit à l’erreur », le sélectionneur a posé un cadre mental très clair : les Lions ne sont plus dans le temps des intentions, ils entrent dans celui de la sanction ou de la réaction.

Le contrat réglé, la question ramenée au respect

‎Interrogé sur son contrat, Pape Thiaw a tenu à remettre les choses dans leur ordre réel. « C’est réglé. Ça a pris trop de temps. Mais je dois éclaircir que ça n’a jamais été un problème d’argent, mais plutôt une question de principe et de respect », a-t-il déclaré. La phrase est forte, parce qu’elle déplace le dossier du terrain financier vers celui de la considération. Le sélectionneur insiste sur une chose : le débat n’a pas été une affaire de salaire, mais une affaire de traitement et de reconnaissance. En quelques mots, il a refermé un sujet qui pouvait parasiter la préparation, tout en laissant apparaître une exigence très simple : un sélectionneur national doit sentir que sa fonction est respectée à la mesure de ce qu’elle représente.

‎Il a aussi rappelé que, lorsqu’il porte les couleurs du pays, le patriotisme passe avant tout. « En tant que sénégalais, le patriotisme est au-dessus de tout. Quand je porte le survêtement de mon pays, tout ce qui est contrat, j’oublie », a-t-il expliqué, avant de préciser que certaines choses doivent se régler en interne et que « un contrat c’est confidentiel ». Là encore, le message dépasse la simple gestion d’un dossier administratif. Pape Thiaw cherche à réinstaller une hiérarchie : d’abord le match, ensuite le reste. Dans un environnement où tout peut vite s’emballer, cette ligne de conduite apparaît comme une tentative de remettre l’autorité sportive au centre.

Pas de plan anti-Haaland, mais un plan anti-Norvège

‎Le passage le plus net de sa conférence concerne évidemment Erling Haaland. Pape Thiaw n’a pas minimisé le danger, mais il a refusé de réduire la Norvège à son avant-centre. « Haaland, il n’y a pas besoin de le présenter. C’est un grand attaquant. Mais il n’y aura pas de plan anti-Haaland. Il y aura un plan anti-Norvège », a-t-il martelé. La formule est précise, presque élégante dans sa fermeté. Elle dit exactement ce que cherche le Sénégal : combattre une équipe entière, pas un nom plus brillant que les autres.

‎Le technicien sénégalais a aussi détaillé la logique défensive qui guidera son équipe. Il a estimé que le Sénégal dispose de défenseurs capables de répondre à ce type de défi et a rappelé qu’il ne suffit pas de surveiller un buteur pour neutraliser une formation aussi directe et athlétique que la Norvège. « On a des défenseurs de très haut niveau qui ont fait de grandes compétitions contre des attaquants de ce calibre », a-t-il insisté, avant de préciser qu’il fallait surtout être vigilant sur la verticalité norvégienne et presser à la perte du ballon. Derrière ces mots, il y a une idée forte : le Sénégal ne doit pas subir la Norvège, il doit l’empêcher d’installer son rythme.

Préparer la réponse sénégalaise

‎Sur le plan offensif, Pape Thiaw n’a pas voulu céder à la panique après la frustration contre la France. Il a au contraire défendu une lecture plus nuancée du contenu de son équipe. « Je pense pas que l’attaque qui a démarré a été mauvaise, il y a eu juste un manque d’efficacité », a-t-il expliqué, en ajoutant qu’il préfère « les joueurs qui se procurent des occasions que ceux qui n’en ont pas ». Là encore, le message est cohérent : il ne s’agit pas de jeter le plan, mais de le rendre plus tranchant. Le sélectionneur sait que, dans ce type de match, la création des occasions ne suffit plus. Il faut convertir. Il faut marquer. C’est là que se joue désormais la marge entre un Sénégal qui espère encore et un Sénégal qui commence à douter.

‎Pape Thiaw a également apporté des précisions sur l’évolution de son staff technique. Le sélectionneur a confirmé l’arrivée récente d’Abdoulaye Seck, analyste vidéo, qui a rejoint la délégation sénégalaise dans la nuit du 19 juin afin de renforcer le travail d’analyse et de préparation des matchs. « Oui, Abdoulaye Seck, l’analyste vidéo, vient de nous rejoindre comme vous avez pu le voir. Nous avons constaté que pendant les pauses fraîcheur, nous avions besoin de montrer des images et il est très pertinent dans le domaine de l’analyse vidéo. Il pourra épauler Fares qui est là depuis un moment et qui a gagné la CAN avec nous. Ça fait plaisir de l’avoir », a expliqué le technicien sénégalais.

‎Pape Thiaw est également revenu sur le rôle de Cheikhou Kouyaté, présent depuis le début du rassemblement. L’ancien capitaine des Lions n’a pas été intégré récemment au groupe, mais occupe désormais une fonction importante auprès du sélectionneur. « Cheikhou, c’est moi qui l’ai fait venir. Je le trouve important dans ce groupe. Il connaît les deux générations et il a un rôle de coordinateur entre les joueurs et moi », a détaillé Thiaw. À travers ces choix, le sélectionneur cherche à renforcer les passerelles entre le terrain, l’analyse et le vestiaire, dans une période où chaque détail peut faire la différence. Le Sénégal aborde ainsi son rendez-vous face à la Norvège avec un encadrement élargi, pensé pour optimiser la communication, la préparation tactique et la transmission des consignes aux joueurs.

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