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CAN 2027 : derrière le « ni plan B ni plan C », le doute persiste

Publié le 29/09/2026 – Mis à jour le 29/09/2026

Le doute n’est plus une simple rumeur. À neuf mois du coup d’envoi, la CAN 2027 entre dans une zone de turbulences où les discours officiels et les informations venues des coulisses commencent à se télescoper.

La Coupe d’Afrique des nations doit toujours se jouer du 19 juin au 17 juillet 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. C’est en tout cas la position officielle de la Confédération africaine de football. Mais derrière cette échéance désormais gravée dans le calendrier, les interrogations grandissent sur la capacité du trio est-africain à livrer, dans les temps, les infrastructures nécessaires à l’organisation du tournoi.

Une CAN 2027 toujours maintenue… officiellement

Depuis l’attribution de l’édition 2027 au Kenya, à la Tanzanie et à l’Ouganda, la CAF n’a cessé de rappeler le caractère historique de cette première CAN organisée par trois pays. Le tournoi doit également marquer le retour de la compétition reine du football africain en Afrique de l’Est, plus de cinquante ans après la dernière édition organisée dans cette partie du continent. Mais le calendrier avance, lui, sans attendre les retards.

Début septembre, la CAF a mené une mission d’inspection de huit jours consacrée aux infrastructures, à la sécurité, aux transports, aux médias et à la logistique. Quelques jours plus tard, Patrice Motsepe s’est encore rendu sur place. Au Kenya, le président de la CAF a visité le Talanta Sports International Stadium, dont il a salué les progrès, avant de faire le point sur les travaux restant à accomplir au stade de Kasarani.

Le message officiel reste donc celui de la confiance. Mais il y a une phrase qui change légèrement la tonalité : Patrice Motsepe a reconnu l’existence d’« une situation de grande urgence, à neuf mois de la CAN », tout en martelant que la CAF n’envisageait « ni plan B ni plan C ». C’est précisément là que commence le véritable suspense.

Le « plan B » que personne ne veut officiellement nommer

Dans une enquête publiée le 26 septembre, Le Monde affirme que les retards accumulés au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie ont conduit la CAF à sonder discrètement plusieurs pays susceptibles de reprendre l’organisation du tournoi au pied levé. Selon les informations du quotidien français, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Algérie ont été contactés.

Le chiffre avancé donne une idée des capacités recherchées : Le Monde évoque 16 enceintes aux normes au Maroc, 13 en Afrique du Sud et 7 en Algérie. Le journal précise également que l’Égypte et la Côte d’Ivoire pourraient être sollicitées dans cette réflexion.

Rien ne permet cependant, à ce stade, d’affirmer qu’une délocalisation est décidée. La CAF n’a pas annoncé de changement de pays hôtes et continue officiellement de préparer la compétition avec le trio Pamoja. C’est toute l’ambiguïté du dossier : une hypothèse de secours rapportée par un média, face à une position officielle qui nie l’existence même d’un plan de secours.

Du doute kényan à une inquiétude beaucoup plus large

Ce qui était présenté, quelques mois plus tôt, comme un problème principalement kényan a progressivement pris une autre dimension. Sur EBR Medias, nous avions déjà pointé en mars la pression qui pesait sur Nairobi, entre les questions financières, les retards et les difficultés autour de plusieurs infrastructures. Depuis, le calendrier s’est considérablement resserré.

Les éliminatoires de la CAN 2027 ont commencé en septembre et doivent se poursuivre en novembre avant les deux dernières journées, programmées en mars 2027. Autrement dit, pendant que les sélections africaines commencent à se battre pour leur qualification, les pays organisateurs doivent, eux, accélérer leur propre course contre la montre.

Et c’est précisément ce qui rend la situation délicate : le tournoi n’est plus un projet lointain. Il est désormais dans le compte à rebours.

Le précédent camerounais plane dans les couloirs

L’histoire récente de la CAN fournit à la CAF un précédent qu’elle connaît parfaitement. Pour l’édition 2019, le Cameroun avait finalement perdu l’organisation du tournoi en raison de retards dans les travaux. La CAN avait été transférée en Égypte avant que le Cameroun ne récupère finalement l’édition 2021.

D’après Le Monde, plusieurs membres du comité exécutif de la CAF envisageraient aujourd’hui un scénario comparable si le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda ne parvenaient pas à respecter leurs engagements. Le quotidien rapporte même les inquiétudes particulièrement fortes d’un membre du comité exécutif, qui considère que la situation actuelle pourrait devenir difficilement tenable.

Mais une différence demeure essentielle : rien n’est encore décidé. Le Maroc, l’Algérie ou l’Afrique du Sud constituent des pistes évoquées dans les informations rapportées par Le Monde, pas des remplaçants désignés. De même, les doutes concernant les infrastructures ne signifient pas automatiquement que la CAN quittera l’Afrique de l’Est.

Janvier 2027, le prochain rendez-vous qui peut tout changer

La prochaine étape pourrait être particulièrement importante. Après sa tournée de septembre, Patrice Motsepe a annoncé une nouvelle visite de contrôle en janvier 2027. Ce rendez-vous devrait permettre de mesurer concrètement l’avancement des chantiers et la capacité des pays hôtes à tenir l’échéance de juin.

D’ici là, chaque retard pèsera davantage. Chaque chantier livré, chaque stade opérationnel, chaque garantie apportée pourra, au contraire, contribuer à éloigner le spectre d’une délocalisation.

Pour l’instant, deux récits coexistent donc. Celui de la CAF : PAMOJA 2027 est maintenue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, sans plan B ni plan C. Et celui des informations rapportées en coulisses : des solutions alternatives auraient déjà été explorées, au cas où le trio est-africain ne parviendrait pas à rattraper son retard. Entre les deux, il reste neuf mois pour transformer le doute en certitude.

La CAN 2027 n’a pas encore changé de destination. Mais, désormais, la question de sa destination mérite clairement d’être posée.

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