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Sénégal : la refondation du staff technique prend forme

Publié le 20/04/2026 – Mis à jour le 20/04/2026

Sous l’impulsion de Souleymane Diallo, la FSF redessine en profondeur son staff technique. Une architecture pensée comme une chaîne continue de performance, des U15 à l’équipe locale.

‎À Dakar, le vent ne tourne pas seulement sur la corniche ; il balaie désormais les couloirs de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Depuis la fin de l’ère Mayacine Mar à la Direction Technique Nationale, la Fédération Sénégalaise de Football a enclenché une refonte méthodique de ses staffs. Moins visible qu’un mercato, plus structurelle qu’un simple ajustement, cette recomposition dessine une ambition claire : fabriquer un modèle cohérent, du bas vers le haut.

‎Au centre du dispositif, Souleymane Diallo, nouveau Directeur Technique National, avance avec une idée simple mais exigeante : harmoniser les identités de jeu et uniformiser les standards de formation. Une mission qui dépasse la gestion, pour toucher à la philosophie même du football sénégalais.

Souleymane Diallo, l’architecte d’un système global

‎La nomination de Souleymane Diallo marque un tournant. Plus qu’un DTN administratif, il incarne désormais une forme de chef d’orchestre technique. Son objectif : structurer une continuité de jeu entre toutes les catégories nationales.

‎L’approche est claire : casser les logiques en silo. Désormais, chaque sélection doit fonctionner comme une pièce d’un même système, avec des principes communs, une intensité partagée et une progression lisible. La FSF ne parle plus seulement de formation. Elle parle de modèle intégré de performance.

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Serigne Saliou Dia aux U23 : le maillon stratégique

‎Parmi les choix les plus structurants, la nomination de Serigne Saliou Dia à la tête des U23 s’impose comme un signal fort. Catégorie charnière par excellence, les U23 représentent le dernier filtre avant le très haut niveau. C’est ici que les promesses doivent se transformer en certitudes. L’ancien sélectionneur des U20 hérite d’un groupe où la marge d’erreur disparaît. Son profil, déjà éprouvé chez les jeunes, s’inscrit dans une logique de continuité tactique : rigueur des blocs, maîtrise des transitions et exigence mentale accrue. L’enjeu est limpide : faire des U23 non pas une transition, mais une accélération vers les Lions A.

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La FSF parie sur un technicien déjà adossé à des références solides : champion d’Afrique U17 en 2023, Serigne Saliou avait déjà célébré ce sacre comme le fruit d’un travail de longue haleine autour de la jeunesse sénégalaise. Son parcours, déjà riche, en fait un profil de continuité autant que de projection, capable d’inscrire les U23 dans une logique de progression maîtrisée.

‎L’idée est claire : faire du banc olympique un laboratoire de maturité, pas un couloir sans issue. Une orientation qui dépasse la simple nomination et s’inscrit dans la philosophie globale du projet fédéral. C’est une inférence, mais elle colle parfaitement à la logique du mouvement engagé par la Fédération.

Malick Daff et Ali Mal : stabilité et ancrage local

‎Plus bas dans la hiérarchie, la FSF s’appuie sur des profils aux trajectoires complémentaires, entre continuité assumée et renforcement du football local.

‎Avec Malick Daff aux U20, la Fédération mise sur la stabilité et la culture de la performance. Ancien coach de cette catégorie, il connaît parfaitement ce groupe et ses exigences, dans une logique de continuité technique assumée. Connu pour sa capacité à structurer des équipes compétitives, il incarne une approche verticale du jeu, fondée sur l’intensité et l’efficacité collective.

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‎Dans le même esprit de structuration, Ali Mal prend la direction de l’équipe locale, un poste pivot pour les joueurs issus du championnat national. Il sera accompagné de Lamine Diagne, Samba Keita et René Charles Ndiaye, formant un encadrement technique élargi chargé de renforcer le lien entre compétition domestique et exigences internationales. ‎Ce chantier dépasse la simple organisation sportive. Il s’agit de reconnecter le championnat national au projet global de la FSF, dans un pays où la diaspora occupe souvent le devant de la scène.

La base du projet : U15 et U17, la fabrique du futur

‎À la base de la pyramide, la logique est différente mais tout aussi stratégique : former, structurer et transmettre une identité de jeu commune.

‎Chez les U15, Ousmane Diop poursuit le travail de fond autour de la formation. Il s’agit avant tout de poser les fondamentaux : discipline tactique, premiers repères collectifs et structuration du talent brut. Une étape souvent sous-estimée, mais essentielle dans la fabrication des élites futures. Son profil est renforcé par son récent sacre avec les U15 au Zimbabwe, symbole d’un collectif discipliné et méthodique.

‎À l’échelon supérieur, l’arrivée de Lamine Sané chez les U17 apporte une dimension nouvelle : celle de l’expérience du très haut niveau. Ancien international, il incarne la passerelle entre apprentissage et exigence professionnelle. Son rôle dépasse le terrain : transmettre une culture de la lecture du jeu, du détail et de la rigueur. Doté d’un diplôme UEFA A fraîchement obtenu, il symbolise également une montée en compétence assumée dans l’encadrement technique sénégalais.

Une vision pour 2028

‎Cette refondation du staff technique du football sénégalais n’est pas une simple réorganisation de bureau. C’est un pari sur l’intelligence collective. En plaçant des experts tactiques à chaque échelon, la FSF dessine les contours du projet « Smart FSF 2028 ». L’ambition est claire : faire en sorte que le talent sénégalais ne soit plus une simple fulgurance, mais une science exacte, répétable et dominante sur le continent africain.

‎Dans cette logique d’alignement global, le maintien de Mame Moussa Cissé chez les A féminines, la continuité de Ngalla Sylla en beach soccer et la structuration des jeunes filles confirment une volonté d’unification du modèle fédéral, où chaque discipline participe à une même architecture de performance. Ce dispositif raconte quelque chose de plus profond qu’une simple répartition des tâches. La FSF semble vouloir verrouiller une chaîne de formation lisible, où chaque sélection parle la même langue tactique et développe les mêmes réflexes compétitifs.

‎À ce titre, les choix retenus traduisent une volonté d’harmonisation globale, où la performance ne dépend plus uniquement des individualités, mais d’un système cohérent de formation et de progression. Le football sénégalais entre dans une phase d’orfèvrerie. Si la pelouse reste le seul juge de paix, la structure, elle, n’a jamais été aussi proche de devenir une véritable œuvre d’ingénierie. Reste désormais à transformer l’architecture en héritage.

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